Billets culinaires

Jajaffe (Lausanne)

Nouveau! Tout juste ouverte en octobre 2021, cette nouvelle adresse à la bonne franquette se définit comme une « bistroterie vivante de quartier ». Avec son service très sympa et ses petits plats à tendance « brut »/assemblage de produits, le lieu est ouvert les jeudis, vendredis et samedis soir dans la salle du Tournesol, un café traditionnel occupant l’espace les midis de semaine depuis une quarantaine d’années. Une complémentarité intéressante, donc.

La devanture n’a donc pas beaucoup changé, mais l’intérieur a pris un petit coup de neuf, hipster sur les bords, tout en conservant une prédominance de rose (avec du vert pour couper un peu l’ensemble). Un grand néon sympathique a fait son apparition proche de la porte, Jajaffe. Qui veut donc dire? Jaffe signifie « nourriture, bouffe, boustifaille », tandis que Jaja fait référence à du « vin de table, jus de raisin, glouglou ». Sauf erreur, il n’y a pas de rapport avec l’autre Jaja, le bar à danser ayant remplacé le Comptoir.

La carte est courte et va droit au but, avec une entrée et 3 plats (14-19 CHF), puis du fromage et 2 desserts (9-11 CHF). La liste des ingrédients est claire mais les préparations pouvant sortir de l’ordinaire, il ne faut pas hésiter à poser des questions pour en savoir plus (les serveurs ont moult infos à partager). Des propositions de vins au verre s’accordant avec les plats sont proposées en parallèle, ainsi que de très bons cocktails de type Negroni, Bloody Mary, Gin Tonic, Old Fashioned ou Espresso Martini (15 CHF).

Les portions n’étant pas super grandes (en tous cas ce soir-là), on conseille de prendre un menu complet (3-4 plats) pour les estomacs affamés. Les plats « principaux » n’arrivent pas forcément tous en même temps et l’on peut sans problème demander de petites assiettes pour partager, si c’est l’idée de la tablée. Quoi qu’il en soit, la carte est amenée à changer chaque semaine ou chaque 2 semaines, en fonction des arrivages. La majorité des produits et vins sont issus de productions locales n’utilisant pas de produits chimiques (i.e. Le Marché Cuendet pour les légumes, la bien-aimée boulangerie Zymi pour le pain), et le poisson vient de Bretagne via un intermédiaire l’achetant directement aux pêcheurs, histoire qu’il arrive à Lausanne en 48h tout en rémunérant correctement tout le monde.

Dans le style, cela nous a rappelé l’esprit des assemblages de saveurs que l’on peut trouver chez Deli Social ou Bottle Brothers à Lausanne (ôde aux vins nature), ou dans les bien-aimées adresses genevoises Bombar, Natürlich ou Sauvage (ambiances et positionnements assez similaires, avec des assiettes d’un niveau plus élevé qu’ici à notre humble avis).

Ayant vu passé des photos alléchantes des plats de la semaine du 18 octobre 2021, on s’y est pointé un soir de la semaine suivante pour tester toutes les options de la carte du moment qui venait de changer, soit:

  • un ajo blanco très réussi (une soupe épaisse originaire d’Andalousie, principalement à base d’ail, d’amande et de pain), carotte jaune au sel bien fondante, oeuf confit 48h et râpé discrètement sur le dessus du plat (14 CHF). Une entrée goûtue et sympa, pas très commune dans le coin.
  • notre plat préféré parmi les 3 disponibles: la truite saumonée, lamelles de fenouil, colrave, tomate verte glacée et subtils fils de poivron violet d’un goût certain, tendant vers l’amer (18 CHF). L’ensemble était frais, bon, léger.
  • la porchetta goûtue (mais assez grasse), poivron vert, délicieux haricots borlotti violets (parfumé aux herbes?), condiment shitaké lacto (17 CHF), pas mal dans l’ensemble
  • la seiche crue (demandée exceptionnellement cuite), joli dashi parfumé à la courge, pomme de terre fumée un peu molle (19 CHF), sans plus. Il y avait de l’idée, mais pas l’étincelle qui illumine les papilles. Peut-être des pommes de terre nouvelles auraient donné plus de peps à l’assiette?
  • la tranche de très bon fromage d’alpage d’Isenau (au-dessus des Diablerets) affiné vers Peney-le-Jorat par Sandrine, une fromagère que l’on peut retrouver au marché de la Riponne si on a bien suivi (11 CHF). Servi avec un chutney intéressant à la courge, sel et épices.
  • le riz au lait infusé à la feuille de figuier et meringue grise (9 CHF), qui nous a rappelé les riz gluants viêts (serait-ce le petit goût de feuille de figuier dont on n’a pas tellement l’habitude?). Un joli dessert, peu sucré, qui change de l’habitude.
  • Et le plus original de la soirée: le délicieux caramel de patate douce, poire ferme pochée au vin rouge et poivre (9 CHF). Un assemblage vraiment intéressant, même pour les non-fans de caramel comme nous, du fait de la précision de sa réalisation et du côté peu commun de la composition. Cela reste cependant plus un dessert de cuisinier que de pâtissier.

A noter que ce soir-là la salle était pleine (réservation recommandée donc) et qu’il y a également une petite terrasse sur le côté.

Est-ce qu’on y retournera? Pourquoi pas pour tester d’autres plats, vu que la carte est amenée à changer très régulièrement.

Appréciation subjective: 12/20


Jajaffe
44, avenue d’Echallens
1004 Lausanne
Suisse
+41 79 860 30 67
https://jajaffe.ch
Instagram: @jajaffe

Miam: jeudi 28 octobre 2021 – 19h30 – env. 55 CHF / 52 € par personne

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2 Commentaires

  • Reply La semaine d'une gourmette 4 novembre 2021 at 9 h 58 min

    La note est basse par rapport au texte me semble-t-il, pourquoi ?

    • Reply Sonia 8 novembre 2021 at 13 h 22 min

      Merci Nathalie pour la question: ayant eu l’occasion de manger dans des établissements « similaires » à Lausanne ou Genève (et donc, de comparer), Jajaffe nous a paru certes très sympa mais les portions n’étaient globalement pas très grandes et le niveau des assiettes moins marquant que la concurrence. Peut-être que cela évoluera avec le temps suite à la période de rodage de l’ouverture!

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