Recettes

Spécial « Reste chez toi »: le croque-monsieur des années 60

Le croque-monsieur jambon cuit-gruyère suisse-beurre, c’est la BASE. Clairement. Depuis enfant, on a été habitué à une espèce en voie de disparition: le croque-monsieur aux bords aplatis et au cœur carré moelleux, du fait de la forme de l’appareil en métal des années 60-70 qui le façonne.

L’origine de cet amour inconditionnel?

Un souvenir d’enfance.

Car c’est bien connu, les plats de notre enfance sont imbattables.

Notre chère Maman Comparse a grandi à Saigon, au Viêtnam, et la cuisine de ses parents avait passablement d’ustensiles et appareils importés de France. Dont un appareil à croque-monsieurs. A son arrivée à Genève dans les années 70, c’est donc tout naturellement qu’elle s’est mise à chercher un modèle similaire, qu’elle a finalement trouvé…au marché de Santa Pola, en Espagne (aucun rapport, on le concède: c’est le charme des Genevois, si internationaux ;-)).

De marque Magefesa (une sorte d’équivalent de Tefal), il fonctionne toujours à merveille, et a été sa principale motivation pour ne pas encore passer à la cuisinière à induction (la vraie question ayant été: mais comment vivre si on n’a plus de cuisinière à gaz pour cuire ces croque-monsieurs?!?). Mentionnons que leur forme particulière leur a valu de se faire appeler « poche à fromage » ou « croque-monsieur de Jésus » au vu de l’âge vénérable du moule.

En grandissant, on a découvert qu’il y avait des croques différents:

  • sans bords aplatis (pour la totalité d’entre eux)
  • avec une grosse couche de béchamel gratinée sur le dessus
  • avec des fromages autres que du gruyère suisse AOP
  • avec un œuf pour la version « madame » 
  • avec des tomates, de la moutarde, de l’huile d’olive au lieu du beurre, du provolone, des lardons, du jambon de Parme, etc. 

A force d’écumer les bistrots, on fait donc très régulièrement des infidélités au croque de la maison, mais on revient toujours – toujours – à la source.

Citons quand même quelques adresses, à garder en tête pour la fin du confinement:

  • Extrabrut, bar à vin de Carouge, pour son croque à la truffe juste EX-CEL-LENT (gros coup de coeur 2019)
  • Le Pilier, bistrot élégant de la place du Molard, pour son croque généreux au jambon truffé de chez bien crémeux
  • Le Marcel, sympathique bar à pétanque de Plainpalais dont la carte tourne autour de croque-monsieurs réalisés à l’aide de moules vintage
  • Le Montriond à Lausanne, pour ses croque-monsieurs bien crousti-moelleux
  • L’Impression Café à Lausanne, pour son croque-madame
  • El Capricho Bar à Santa Pola, pour une version simple et efficace à l’espagnole

Bref, vu qu’ils sont temporairement tous fermés, revenons-en à la version « à faire soi-même à la maison », que voici:

Ingrédients/matériel:

  • pain toast
  • jambon cuit en tranches
  • du gruyère AOP suisse (doux, surchoix ou piquant selon les goûts)
  • une bonne plaque de beurre ramolli (ça aide pour le tartinage)
  • un moule à croque-monsieurs vintage et une cuisinière à gaz (ou un appareil électrique à croque-monsieurs si on n’a pas cette chance)

Marche à suivre:

  • se forger un moule à l’ancienne ou écumer les Emmaüs, Caritas, Armées du Salut, La Renfile et autres brocantes du coin pour en trouver un
  • beurrer les tranches de pain toast des deux côtés (ou au moins du côté « extérieur », afin que cela ne colle pas au moule)
  • disposer une tranche de jambon sur un toast, puis du gruyère en lamelles d’au moins 3mm d’épaisseur, et enfin une nouvelle tranche de jambon
  • refermer le tout avec une seconde tranche de pain toast
  • caler le tout dans le moule des années 60-70 et laisser cuire chaque côté pendant environ 2 minutes à feu fort
  • recommencer l’opération aussi longtemps qu’il reste des croques à cuire
  • Note: cette recette marche aussi avec des appareils électriques (du genre de ceux qui ont des plaques interchangeables pour panini/gaufres/croque-monsieurs). Cependant, soyons très clairs: le goût n’arrive pas à la cheville de celui du moule vintage, pour une raison inexpliquée…

Bon app’!

Est-ce qu’on en remangera? Carrément, parce que c’est trop bon et ça fond sous la dent.

Note (très très) subjective: 40/20*


Dégustation: vendredi 27 mars 2020 – 20h

*en période de confinement, il se peut que la subjectivité soit encore plus subjective que d’habitude.

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