Critiques

L’Auberge de Beaulieu (Lausanne)

Réouverte le 8 mars 2019 après une grande rénovation, cette auberge est bien partie pour être une des nouvelles places-to-be/eat lausannoises: l’ambiance, le cadre et le flatbread maison addictif (!) valent le détour.

La terrasse peuplée de bancs colorés est clairement un des points forts de l’endroit, qui a prévu si on a bien suivi des collaborations culturelles avec son voisin de gauche, la Collection de l’Art Brut. Une table de ping-pong, un babyfoot et une ligne de pétanque devraient débarquer avec l’arrivée des beaux jours, pour encore plus de coolitude.

A l’intérieur, la déco est graphico-vintage sur les bords, avec un doux mélange de bois, mini-carrelages colorés, peinture/teinture abstraite et affiches de Jean Dubuffet. En montant l’escalier en colimaçon, sous les combles, on découvre un sympathique  coin « salon » composé de mobilier design éclectique.

La carte est courte (4 mezze/tapas, 6 plats et 3 desserts) et propose des prix raisonnables (plats en majorité en dessous de 25 CHF). Pour le moins originale, elle fait la part belle aux cuisines du monde à base d’ingrédients locaux, avec une multitude de noms de plats en v.o. ou en anglais. Pour les non-spécialistes, on conseille donc de bien checker en amont les traductions des plats avant de passer commande (et partir en voyage).

Niveau service, c’était frais, pêchu et chaleureux, à la bonne franquette.

Pour un apéro-dîner à 4, on y a partagé:

  • des Aguas Frescas (5 CHF): une Agua de Panela (eau issue du jus de canne à sucre et citron) et une Agua de Limon & cia (citron, pamplemousse, herbes du jardin et fines lamelles de gingembre frais à croquer). Options intéressantes qui changent des sempiternels sirops, thés froids et jus pour les envies non-alcoolisées)
  • un tinto de verano (9 CHF), soit un mélange de vin rouge, limonade et citron. Cette boisson qui rappelle les vacances n’étant pas hyper répandue dans le coin, c’était agréable de la voir à la carte.
  • un houmous de lentilles rouges, dukkah, poivre d’Alep  et huile d’olive (12 CHF), servi avec l’excellent flatbread/pain pita maison tout chaud. Sublimement moelleux à l’intérieur mais doré à l’extérieur avec une pointe de sel et d’huile, tip top.
  • 5 grosses croquetas de panais, pecorino râpé et yoghourt rose (à la betterave?), avec une fine panure croustillante joliment maitrisée, presque « légère » (12 CHF). Alors certes personnellement on n’est pas fan de panais dans l’absolu mais là on a goûté la croûte: qui a dit que la friture ne pouvait pas paraître légère?
  • du Kyopoolu, feta et flatbread (12 CHF), soit une salade d’aubergines et poivrons grillés à l’ail et huile, saupoudrée de feta émiettée. Fondante et fraiche.
  • Charred Kapia Peppers, polenta du Gros-de-Vaud et ezme (23 CHF), soit une base de polenta mouillée surmontée d’un duo de poivrons rouges grillés d’une salade de tomates turque avec des herbettes.
  • Pork Belly Brochette (23 CHF), présentée sur un grand plateau avec un grand pic de métal et pensée pour être mangée à la main dans les tranches de pain plat qui tapissent le plat. Pas mal mais avec une viande un poil sèche selon les morceaux.
  • Chawarma au poulet mariné, pickles de betteraves et toum, une sauce à l’ail libanaise (23 CHF): même concept que le porc, mais en version ultra-tendre et bien goûtue. Avis aux palais sensibles ou aux clients qui seraient en rendez-vous galant: la sauce est très, très aillée. Donc résistante. Hormis cela, c’est le plat principal qu’on a préféré car l’assaisonnement de la viande était bien réussi.
  • un baklava aux noix, avec un peu de yoghourt aux zestes d’agrumes (12 CHF), vraiment généreux et très bon. Vu la taille et la quantité de noix et miel qu’il comportait, un dessert pour deux suffit amplement!

Bon point pour les végétariens et végétaliens, la moitié les plats sont pour eux: la carte propose en effet (en plus de la polenta aux poivrons) une salade de betteraves jaunes et rouges, radis, oeuf à la coque et vinaigrette au tahiné (18 CHF) et du chou fermenté, haricots blancs et riz sauvage. 

Pour info, le 6e plat proposé était une féra du Léman grillée entière pour 2 personnes à 49 CHF, servie avec des pommes de terre et des légumes.

Ce soir-là, quelques plats n’étaient pas encore disponibles mais devraient arriver bientôt (si ce n’est pas déjà fait à l’heure où on écrit ces lignes): 

  • la planchette de l’Auberge (flocon de la venoge, jambon cru d’Anniviers, pickles et flatbread, 19 CHF)
  • la salade de betterave citée plus haut
  • la crème brûlée à l’absinthe du Val-de-Travers (13 CHF)
  • et le chocolate cake (13 CHF)

Les samedis et dimanches de 11h à 14h, une formule brunch est prévue avec 4 options entre 20 CHF et 24 CHF, toujours avec cette jolie touche d’ailleurs qui rend curieux: French toast, Halloumi Saganaki, Kyufte Slider et une salade du marché.

Affaire à suivre donc!

Est-ce qu’on y retournera? Carrément, pour tester la terrasse et le reste de la carte.

Note subjective: 16/20


L’Auberge de Beaulieu
15, Avenue Bergières
1004 Lausanne
Suisse
+41 21 683 03 03
https://aubergedebeaulieu.ch

Visite: samedi 9 mars – 19h – env. 55 CHF / 48 € par personne

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