Billets culinaires

Yakumanka (Genève)

Ouvert en mars 2019, le nouveau restaurant péruvien du Mandarin Oriental conçu par le fameux chef Gastón Acurio a passablement fait parler de lui lors de son ouverture, notamment pour ses plats hautement maitrisés, son exotisme et son cadre stylé inspiré de la mer.

Murs de briques dans les tons blanc et bleu, filets de pêche suspendus, cebiche bar, noms de plats peints sur les murs pour un côté pseudo-décontracté/« street »: cela est pour sûr dépaysant tout en restant très chiadé.

Le menu, très varié, est graphique et comprend un nombre conséquent de mots spécifiques à la cuisine péruvienne, que le novice ou hispanophone lambda ne connait pas forcément. Parfois, les noms sont soudain en anglais (pour les desserts par exemple). Cela donne un style « international » pour sûr, mais pas toujours hyper accessible. Pour que l’on se laisse guider par les serveurs qui conseillent de prendre un assortiment de plats à partager?

Le nôtre de serveur était pour le coup sympathique mais un poil trop enthousiaste/familier à notre goût, même si très professionnel dans sa description des plats. Il était peut-être naturellement très enjoué mais dans le contexte d’un restaurant pensé de façon passablement commerciale par un chef doublé d’un homme d’affaires brillant, cela pouvait sonner un peu trop calculé. Cela semblait cependant plaire à l’une des tables voisines, donc c’est une histoire de goûts.

Au niveau de l’ambiance, la salle était assez pleine mais l’espacement entre les tables maintient un niveau sonore moyen, pour un ressenti un peu neutre, bon chic bon genre.

Pour un dîner entre filles, on y a partagé:

  • un cebiche clásico (22 CHF), à base de cubes de poisson blanc du jour, de leche de tigre, choclo (maïs frais) et cancha (maïs grillé), bon et fin
  • un cebiche apaltado (24 CHF), à base de cubes de poisson blanc du jour, poulpe grillé, avocat, de leche de tigre, plaisant.
  • des conchitas, soit 5 Saint-Jacques grillées, mousse de parmigiano reggiano et ail croustillant (22 CHF), bonnes et très finement cuites. Le goût du fromage prenant de le dessus, cela ne faisait pas forcément honneur aux coquilles (comme on pouvait s’y attendre, mais on était curieux quand même)
  • des croquettes de ají de gallina (21 CHF), donc à base de poulet au piment jaune, parfaitement crousti-moelleuses, avec une émulsion rocoto (un piment). Délicieuses. Sauf erreur, elles ne sont malheureusement plus à la carte.
  • une causa casera, soit une purée de pommes de terre agrémentée de thon, tomates cerises, avocat, oeuf de caille, oignons et ailoli. Plat juste excellent (35 CHF), c’est ce qu’on a préféré de tout le repas!
  • un riz chaufa tapadito (38 CHF), soit un riz frit aux légumes avec une tortilla (omelette) de crevettes à la sauce chifa (nom de la cuisine péruvienne influencée par la cuisine chinoise). Élégamment servi dans un plat en métal brûlant (plus beau que pratique à manier), c’est un des plats qu’on a beaucoup aimé (un poil salé cependant). L’omelette était brassée par le serveur au moment du service, avec un côté bien onctueux.
  • une ventresca a la parrilla, soit de beaux morceaux de poisson grillé, présentés sur des feuilles de maïs pour la déco, avec une sauce anticuchera chimichurri (relative à l’anticucho, un plat de viande des Andes de l’époque précolombienne, si on a bien suivi) et des papas (patates) fritas (44 CHF). Simple et efficace, bon et goûtu.
  • la mousse au chocolat péruvienne (10 CHF), avec une glace au lucuma (un fruit) et du quinoa croustillant. Jolie, roborative.
  • la Lechera (12 CHF), soit un dessert à base de tres leches de noix de coco, glace au dulce de leche et peau croustillante de lait. Très beau et graphique, mais très sucré.

Les grands mangeurs seront invités à commander un assortiment de plats plus costauds que 4 entrées et 3 plats. Si tout était bon, on n’était cependant pas spécialement « repu » et donc à même de se laisser tenter par un dessert. Contrairement aux plats salés, les desserts ont des prix étonnamment doux et sont généreux, ce qui équilibre le tout.

Pour les amateurs de sucré, le plus spectaculaire est la Bomba Latina pour 2-4 personnes (75 CHF) composée d’une belle sphère de chocolat noir cachant un ensemble de sorbet au fruit de la passion, compote de banane, mangue et crème de tonka. On l’a zieutée à la table d’à côté, car elle fait son petit (ou même grand) effet!

Est-ce qu’on y retournera? Pourquoi pas.

Note subjective: 14/20


Yakumanka
Mandarin Oriental
1, Quai Turrettini
1201 Genève
Suisse
+41 22 909 00 00
www.yakumanka.ch
Instagram: @yakumanka_geneva
Facebook: @Yakumanka

Visite: jeudi 29 aout 2019 – 20h – env. 80 CHF/ 70 € par personne

Post Précédent Post Suivant

Vous aimerez aussi

Pas de commentaires

Répondre

*